La révolte des vieux

Après mai 68,
janvier 2019

 « La révolte des vieux » est déclenchée, en ce début d’année 2007... Mais c’est en janvier 2019 qu’elle verra sa concrétisation. En fait de déclenchement, c’est un roman d’anticipation de Michel Varagne, journaliste à La République du Centre à Orléans, qui paraît ces jours-ci.

Le thème de ce roman, des anciens soixante-huitards qui se révoltent au début de l’hiver 2019, paraît tellement évident qu’une fois l’idée de l’ouvrage entrevue, on a l’impression que c’est inéluctable. De plus, la lecture confirme cette présomption. Plus que dans un roman, le lecteur suit un reportage sur des vieux gamins, déterminés et solidaires, qui communiquent et lancent leurs mots d’ordre par Internet.

Arrivés à la fin, on en veut encore...

 « La révolte des vieux » de Michel Varagne, Editions AàZ Patrimoine, distribution Dilicom, 19 €uros.

Blog : larevoltedesvieux.over-blog.org

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Liens

Présentation

Retour page d'accueil

  retour à la page d'accueil

 

http://www.larevoltedesvieux.over-blog.org/

La révolte des vieux

 

 

LA REVOLTE DES VIEUX

Un livre aussi inquiétant qu'amusant (et réciproquement, évidemment)

 

Au grand centre de dispatching du Réseau de transport de l’électricité, tout près de Paris, à Saint-Denis, l’ambiance est naturellement… électrique. Elle l’est depuis plusieurs jours déjà, chacun a pu le constater, mais elle l’est évidemment bien plus encore, à un peu moins d’une heure de l’instant « I ». Cet instant où des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers, pire encore, des millions de personnes, vont – peut-être – toutes appuyer en même temps sur un bouton et booster une consommation qui promettait déjà d’être très élevée. Il était même prévu que l’on établisse, pour la deuxième fois en une semaine, un nouveau record historique.

Toutes les unités de production ont été mises en route, y compris celles dont on ne se sert qu’en toute dernière extrémité, pour « assurer les pointes ». En cette fin des années 2010, la production annuelle totale d’électricité, qui était de 570 TW-h (térawatts-heure ou milliards de kilowatts-heures) en 2004-2005, atteint désormais 658 TW-h. C’est surtout en été, qu’elle augmente. La faute aux nouvelles habitudes de vie, et notamment à la climatisation qui s’est largement développée. Pratiquement plus aucun bâtiment neuf n’échappe désormais à la clim’, et nombreux sont ceux qui, dans des bâtisses plus anciennes, ont recours à des petits climatiseurs sur roulettes qu’ils passent d’une pièce à l’autre. Si la consommation électrique augmente tant, c’est également la faute aux prix du fuel et du gaz, qui font que nombre de foyers, ces dernières années, sont passés au « tout électrique », un « tout électrique » qui devient de plus en plus souvent la règle pour les constructions neuves. La France, qui a choisi dans les années 1970 le tout nucléaire, est moins touchée que d’autres nations par la hausse du prix des matières premières et par le lent déclin de la production du pétrole et de celle du gaz, leurs réserves s’épuisant à grande vitesse, on l’a vu, depuis que la Chine est devenue une énorme consommatrice.

Sur les 658 TW-h produits, près de 500 TW-h le sont ainsi par les centrales nucléaires, quatre-vingt-cinq TW-h proviennent de l’hydraulique, de l’éolien et du photovoltaïque, et soixante-dix sont issus du thermique classique (gaz, charbon, bois).

Le parc nucléaire, même s’il est vieillissant, fonctionne encore plutôt bien. En ce début d’année 2019, pratiquement aucun problème ne vient perturber la production nationale, seule la maintenance faisant que, comme toujours, quelques centaines de mégawatts manquent à l’appel. L’hydraulique, partout, est sollicitée. Aucun micro-barrage, jusqu’au plus petit d’entre eux, n’échappe à la mobilisation générale. Malheureusement, faute de vent, l’éolien ne produira pratiquement rien ce soir encore, si ce n’est dans la vallée du Rhône où le Dieu Eole daigne venir en aide aux humains. Enfin, une aide minime, car le vent, au demeurant très froid, ne souffle qu’à un peu plus de quinze kilomètres par heure à peine. Et encore, en pointe. Les centrales qui fonctionnent au gaz et au charbon, car il y en a encore qui fonctionnent au charbon, sont en revanche en pleine production. Production d’énergie et malheureusement aussi de pollution, depuis une bonne heure.

Les yeux des principaux responsables – ils sont évidemment tous là – sont rivés sur les écrans de contrôle et sur la fameuse courbe de consommation, cette sorte de ligne bleue des Vosges. Sauf qu’elle est rouge. Depuis le milieu de l’après-midi, elle grimpe, ce qui est tout à fait normal. Mais, constatent avec inquiétude les techniciens, elle grimpe bien moins vite qu’elle n’aurait dû le faire. Ce, depuis 17 heures environ. L’hypothèse émise par certains journaux, ces derniers jours, selon laquelle de nombreuses personnes pourraient couper leur chauffage dans l’après-midi pour mieux le rallumer à 18 heures 45 pétantes, est de plus en plus plausible. Et, forcément, pour les cadors du RTE, ce n’est pas une bonne nouvelle. C’est même carrément une information détestable. Un mauvais augure.

Les caméras de télévision sont tournées vers les écrans d’ordinateurs, et les journalistes, pour la plupart d’entre eux spécialistes émérites de l’énergie, n’ont nul besoin de se faire expliquer le fonctionnement du mécanisme de contrôle. Simplement constatent-ils que tout le monde est très tendu, et que l’atmosphère est pour le moins pesante. Les techniciens, gèrent d’ordinaire leur stress de façon magistrale, un peu comme les aiguilleurs du ciel le font dans les aéroports. En ce jeudi qu’ils qualifient déjà de jeudi noir, en référence au krach de Wall Street d’octobre 1929, ils ont beaucoup de mal à rester calmes et sereins. Ils craignent de ne pouvoir être à la hauteur, de ne pas prendre la bonne décision au bon moment. Or, prendre la bonne décision au bon moment, c’est bien ce pour quoi ils sont payés.

Il est 18 heures 15, et la courbe de consommation est donc assez nettement au-dessous du niveau auquel on l’attendait à cette heure. Ce, malgré le froid qui, en revanche, semble être un tout petit peu plus vif encore que prévu. Les mines s’allongent, pour ne pas dire qu’elles s’assombrissent… Serait-ce le calme avant la tempête ? Un petit quart d’heure plus tard, la situation est à peu près la même. La courbe grimpe, bien entendu, mais c’est pour le moins normal. A cette heure, en hiver, c’est toujours le cas. Mais si elle continue de monter, elle se situe néanmoins toujours à un niveau anormalement faible, compte tenu des circonstances. Il manque au bas mot 5 000 mégawatts.

– Et si, au contraire, les gens avaient refusé le mot d’ordre et éteint tout plein d’appareils électriques inutiles ? risque un cadre résolument optimiste, ou qui cherche à se rassurer.

Personne ne relève.

18 heures 40. Plusieurs télés sont en direct du RTE, où une grande salle a spécialement été installée à l’intention des médias. Le bruit des bavardages est carrément insupportable.

A Sélestat, Serge Bannier, qui n’y tient plus, craque…

Commentaires

Liens

Rechercher

Texte Libre

 
creer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus